Salaam !

   "Au chaud dans une grosse veste de feutre, un bonnet de fourrure tire sur les oreilles, on ecoute l eau bouillir sur le Primus a l abri d une roue. Adosse contre une colline, on regarde les etoiles, les mouvements vagues de la terre qui s en va vers le Caucase, les yeux phosphorescents des renards. le temps passe en thes brulants, en propos rares, en cigarettes, puis l aube se leve, s etend, les cailles et les perdrix s en melent... et on s empresse de couler cet instant comme un corps mort au fond de sa memoire, ou on ira le rechercher un jour. On s etire, on fait quelques pas, pesant moins d un kilo, et le mot "bonheur" parait bien maigre pour decrire ce qui vous arrive.
   Finalement, ce qui constitue l ossature de l existence, ce n est ni la famille, ni la carriere, ni ce que d autres diront ou penseront de vous, mais quelques instants de cette nature, souleves par une levitation plus seraine encore que celle de l amour, et que la vie nous distribue avec une parcimonie a la mesure de notre faible coeur."
   N. Bouvier

   N'hesitez pas a mettre des commentaires pour nous donner des nouvelles ou nous faire part de vos impressions. Quand on est loin, ca fait toujours plaisir !

Sandrine et Yannick

  Pour nous ecrire : schicoulaa@yahoo.fr

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Top 5 gastronomique

Voici les restos et cantines que nous avons apprecies durant notre voyage :

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1. Tibetan Kitchen, Leh (Ladakh)
  Notre best ! Cuisine excellente, cadre agreable et service impeccable. Tres-bon rapport qualite-prix. Les momos (raviolis fourres a la viande ou aux legumes, servis frits ou a la vapeur) sont savoureux, les cheese-nans n'en parlons pas !

2.  Park restaurant, Darjeeling (Inde)
    Excellente cuisine thai. Le poulet aux noix de cajou est excellent ! Les nans (pain plat, fait de farine de ble, sans levure, du nord de l'Inde cuit au four tandoor). La cuisine indienne est correcte.

3. Lamayuru Restaurant, Leh (Ladakh)
    Petite cantine ou les thalis (assortiment de plats disposés sur un plateau rond en métal dans le nord) et la cuisine indienne (palak paneer, dhal makani...) sont tres bons. Prix imbattables !

4. Tashi Deleg, Kathmandu (Nepal)
   Petite cantine tranquille ou se melent locaux et touristes en plein centre de Thamel. Bons Momos, pas chers du tout !

5. Maharadja Restaurant, Chennai (Inde  du sud)
Cantine rassemblant autant touristes et locaux et servant de la tres bonne cuisine du sud. Dosa (galette préparée avec mélange de farines, riz, blé, légumineuse, se cuisant comme des crêpes et pouvant se farcir d'un mélange généralement épicé), Idli (pain du Sud, fait à partir de riz fermenté  et de farine de légumineuse cuit à la vapeur, servi avec des sauces) et Bonda (boulette de legumes frite). Thalis servis sur une feuille de bananier.

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Nous voila donc de retour a Leh après notre second trek qui nous a conduits de Hundar (vallee de la Nubra) a Phyang (vallee de l’Indus). Nous avions initialement prevu d’effectuer un trek de 12 jours de Hemis a Brandy Nalla (route de Manali) pour conclure notre sejour ladakhi, mais, au fil des rencontres, notre organisation a ete modifiee. Nous avons finalement decide de realiser deux treks plus courts afin d’apprecier au maximum la diversite offerte par ce beau pays.

   Lundi après-midi (le 27 aout) donc, après quelques difficultes logistiques dues a la fermeture de la quasi-totalite des magasins de Leh (ceremonie commemorative de l’assassinat de deux lamas par des ressortissants nepalais oblige…) nous finissons tant bien que mal a boucler nos sacs a dos, et une fois les permis de treks obtenus, nous nous rendons a la station de bus. La, nous tombons sur le prepose aux reservations, celui-la meme qui nous avait demande de revenir ce jour en debut d’apres-midi. Nous lui demandons donc naturellement deux tickets pour le bus de Hundar du lendemain matin mais ce dernier nous retorque en levant les yeux au ciel “It’s full !”. Sur ce, avec un petit sourire en coin et avec un haussement d’epaules caracteristique d’un sentiment proche de l’exasperation, il nous explique qu’il aurait fallu venir vers 8h ce matin pour esperer avoir une place. Inutile d’insister, tout est dit ! Mais alors que nous quittons le bureau en pestant contre tant de mauvaise foi et en pensant au prix que nous allons devoir debourser pour une jeep (car les permis sont etablis pour le lendemain et le bus suivant est le samedi), deux francais nous interpellent et nous expliquent qu’ils ont le meme probleme. Nous decidons donc de nous mettre a la recherche d’autres personnes susceptibles d’etre interessees par le partage d’un vehicule vers la Nubra et nous nous donnons rendez-vous en fin d’apres-midi. Nos recherches s’averant infructueuses, nous effectuerons finalement le trajet a 4, ce qui est un moindre mal…

    Le lendemain, après avoir passé le plus haut col routier du monde (5600m) et fait quelques photos debiles de circonstance, nous arrivons a Hundar en debut d qpres-midi. Le paysage est superbe mais egalement tres different de ce que nous avions vu jusqu’a present puisque a perte de vue, les valles de la Nubra et de la Shyok offrent un paysage de dunes ou nous pouvons voir evoluer des caravanes de chameaux : cette activite semble etre  l’attraction touristique principale de la region. Nous avions prevu de prendre une guesthouse pour la nuit et de ne demarrer la marche que le lendemain matin, mais il n’est que 13 heures et la jeep a la bonne idée de nous deposer au point de depart de notre trek. Je propose alors a Sandrine d’effectuer le jour-meme une demi-etape afin d’etre plus a l’aise les jours suivants. Nous voila partis…

   Nous nous engageons dans un magnifique canyon ou coule un superbe torrent a l’eau turquoise. Le chemin est bien trace et notre vitesse de progression nous laisse penser que nous pourrions bien effectuer l’integralite de l’etape le jour-meme. Mais après deux heures trente de marche , le chemin s’arrete brusquement et en levant les yeux, nous decouvrons trois hommes suspendus a la paroi. Ces derniers nous expliquent que la voie est desormais impraticable et qu’il nous faudra revenir sur nos pas pour passer un col. Nous nous executons, et après une petite grimpette de 30 minutes, nous ne regrettons pas nos efforts. La vallee que nous allons emprunter s’ouvre devant nous : un itineraire beaucoup plus sauvage et “haute montagne” (si je puis m’exprimer ainsi vu le contexte…) que le precedent, borde de 6000 aux glaciers plus impressionnants les uns que les autres. Une heure trente plus tard, nous posons notre camp vers 3500m au bord du torrent.

    Le lendemain, le temps est toujours superbe et nous continuons notre route le long de ce magnifique torrent. Ce dernier offre quelques passages assez aeriens a meme la paroi ou il est constitue d’une superposition de morceaux de bois et de pierres plates soutenues par des troncs d’arbres cales dans les saillies du rocher.  Nous apprehendons mieux le travail des hommes-araignees apercus la veille. Au bout d’1h30 de marche, nous arrivons a un chorten ou, vision surrealiste, un moine, perdu au milieu de nulle part, recite des textes sacres en tapant sur un gong. Il faut bien reconnaitre que le cadre se prete bien aux pratiques esoteriques. 

   Trente minutes plus tard, nous atteignons Wachan, lieu de campement de la premiere etape theorique : un superbe village ou les habitants qui s’affairent au ramassage de l’orge, saluent avec de grands gestes lors de notre passage. Peu avant la sortie de ce dernier, nous contournons une maison et decouvrons sous le porche, une dizaine de petits bouts de choux alignes contre le mur et assis  a meme le sol. Nous ne comprenons qu’en voyant une enorme ardoise appuyee contre le mur qu’il s’agit d’une ecole. L’institutrice nous fait alors signe de nous approcher et nous propose de prendre le the. Nous declinons l’invitation  afin de na pas perturber la classe, mais le regretterons par la suite. En effet, celle-ci avait peut-etre pour interet pedagogique l’etude du comportement du trekkeur europeen hors de son habitat naturel.

   Quelques 5 heures de marche plus tard , nous arrivons sur un plateau et decouvrons deux tentes. Il s’agit d’une autrichienne partie avec une agence de Manali. Je leur demande pourquoi ils n’ont pas pose leur camp a “Hundar Dok” (que j’estime 1h30 plus tard) mais le jeune guide me retorque que, selon lui, c’est l’endroit ou nous nous trouvons. Je sors alors mon arme fatale (le GPS) et lui montre que nous sommes bien 200 metres en dessous de l’endroit suppose. Ces derniers nous ayant offert le the et des biscuits pour le plus grand plaisir de Sandrine, nous n’avons plus le courage de repartir et plantons la  tente a cote d’eux. Ayant deja rattrape une bonne partie de la deuxieme etape manquante, nous prenons alors la decision de refaire le reste de notre retard le lendemain.


   La journee suivante ne sera pas une partie de plaisir. Malgre le cadre feerique, nous nous rendons vite compte que les altitudes fournies par notre guide de trekking sont completement aberrantes. De plus, la carte ne mentionne pas le camp de base Nord du Lasirmo La : etape pourtant classique  pour le passage de ce col. Nous l’atteindrons finalement 8 heures de marche et quelques 1000m de deniveles plus tard, extenues ! J’ajoute aussi que mes problemes intestinaux qui ont repris juste avant le depart du trek ne s’arrangent pas. Je crois qu’il va falloir faire avec… Malgre tout, nous passerons tous deux une bonne nuit  a 5000m au pied  du glacier qui doit nous conduire le lendemain, au point culminant de ce trek : le col du Lasirmo La ( 5550m). Partis vers 8h, nous n’atteindrons finalement la moraine du glacier, qui nous paraissait si proche, qu’apres 1h30 de marche .  Vingt minutes plus tard, montee de stress pour Sandrine qui realise qu’il va falloir traverser le glacier alors que je lui avais un peu menti en lui disant qu’on pourrait certainement le contourner. (En tapant ce message, je decouvre que Yannick me ment, hum, hum, c’est du joli après seulement trois mois de mariage ;-) Inutile de s’encorder ou de chausser les crampons car la glace qui est peu epaisse sur l’ensemble du glacier (ce qui est assez surprenant) est couverte d’une fiche couche de neige rendant la marche agreable.

   Au bout d 1H30, nous sommes au Lasirmou La : l’altimetre indique 5550 m. Malgre le temps un peu nuageux, la vue est exceptionnelle sur l’ensemble de la vallee et on apercoit meme au loin l’imposante silhouette du Sasser Pangri (7600m). Apres trois jours et demi de montee non stop, quel plaisir d’attaquer enfin la descente ! Nous depasserons finalement notre objectif qui etait le camp sud du Lasirmou La pour monter la tente 200m plus bas (vers 4800m) après avoir ete accompagnes pendant un petit ¼ d’heure par une petite fouine qui semblait prendre un reel plaisir a jouer a cache-cache avec nous (cf. photo.).

   Le lendemain, la descente vers Phyang (que nous rejoindrons en 3 heures) est magnifique avec en point de mire la Gompa de Phyang dominee par l’imposante chaine du Ladakh dont se detache le Stok Kangri (6120m) et au loin le Nun et le Kun. Nous ne pourrons malheureusement pas visiter le monastere qui est ferme et prendrons un bus qui nous deposera a Leh vers 13h en plein festival.
Sitot descendus du bus, deux indiens venus assister au defile nous interpelle nt les yeux ecarquilles et nous demandent : “Are you trekkers ?!!!”. Nous acquiescons  et l’un enchaine alors, en attrapant son appareil photo :”Can I take a photo ??”. Nous pensons alors qu’il s’est mal exprime et qu’il souhaite que nous les prenions en photo, mais a notre grande surprise, il tend l’appareil a son ami et se place entre nous deux en nous prenant par les epaules.  Nous voila maintenant devenus une attraction touristique pour le touriste indien en visite au Ladakh : on aura tout vu !!  Nous passons le reste de la journee a faire la lessive et a lire les mails qui nous sont parvenus durant notre absence. Je tiens d’ailleurs a informer tous ceux qui ne seraient pas encore au courant qu’un certain G.T. (dont je tairai ici l’identite) en partance  pour un voyage initiatique d’un an au Sri Lanka a finalement decide, une fois sur le quai de la gare de Pau, de prendre un train pour Lourdes ?!! Voyez-y un signe ou pas… Quoi qu’il en soit, pour son prochain cadeau de depart je conseille a la famille d’investir dans un GPS plutot que dans un PMP !!! ;-)

   Nous sommes donc depuis trois jours a Leh ou j’ai fete mes 31 bougies autour d’un plat de momos et d’une Kingfisher (j’en profite, d ailleurs pour souhaiter ici un bon anniversaire a Mme De Carvalho !!). Chaque retour a Leh est toujours l occasion de retrouver autour d’une bonne biere et/ou d’un bon plat les personnes croisees au cours de notre periple. Nous en profitions pour envoyer un petit bonjour a :

    - Pierre , le contre-bassiste manouche du groupe parisien “Aurore Quartet” rencontre sur la route de Manali
    - Odile et Yvan des francais expatries en Afrique avec lesquels nous avons eu la chance de voir le Dalai-Lama
    - Marie-Pierre et Julien (ca c etait une surprise !!)
    - Jeremie et Loic rencontres sur le trek de Lamayuru-Chilling, deux cuistots de choc (vous etes bien rentres ?)
    - Gwenn et Julien, un couple de bretons  qui ont volontiers partage leur Calva et leurs chapattis avec nous lors du trek Chilling-Markha alors que nous etions condamnes a manger des nouilles chinoises
    - Guillaume et Antoine avec lesquels nous avons eu la chance de partager la jeep jusqu’a Hundar et avec lesquels nous avons passé le Khardung La !
   
    Nous ajouterons prochainement une section photos  pour que vous puissiez apprecier leurs bonnes tetes !
    Nous avons egalement passé la journee d’hier a organiser notre prochain trek qui nous menera de Hemis a Upshi via le camp de base du Kang Yatse avec, pour moi, l’ascension du sommet II (6257m). Etant seul, je me suis decide (enfin, Sandrine m’a decide…)  a passer par une agence pour ne pas traverser seul le glacier. Mais devant le cout prohibitif propose (500 euros pour 3 jours d’approche (cuisine comprise !) + 1 jour d ascension…), j’ai change de strategie. J’ai donc refait le tour des agences en demandant laquelle me fournirait 3 mules (largement suffisant pour le portage du materiel) et un guide qui se ferait sa propre cuisine et qu’on planterait la, une fois l’ascension realisee. J’en ai finalement trouve une qui, pour moins de 200 euros, me proposait le tout sur 4 jours (+10 euros par jour supplementaire en cas de mauvais temps). A ce propos, je tiens a raconter une petite anecdote concernant la qualite du service propose par certaines agences. Lors de notre prospection, nous sommes passes dans une agence que je nommerai “Y. T.” qui nous avait demande de repasser plus tard pour rencontrer un guide de haute-montagne experimente afin de discuter avec lui de notre projet. Ce dernier etait absent pour l’apres-midi et se faisait soigner pour une piqure de moustique a l’oeil. Ayant finalement trouve une autre agence, nous avions laisse tomber. Alors que nous etions en train de dejeuner, nous rencontrons par hasard le jeune guide de Manali croise sur notre dernier trek. Je lui explique mon projet et lui demande s’il a deja fait le Kang Yatse. Il me repond qu’il n’a jamais fait ni randonnee glaciaire, ni sommet. Nous lui demandons alors ses projets et il nous explique qu’il travaille avec l’agence “Y. T.”. Apres qu’il nous a quittes, Sandrine me regarde les yeux ecarquilles et me dit : “Tu as vu son oeil ?”. En fait, il etait assis a ma droite et je n’avais pu voir son oeil droit...Il s’agissait du guide “experimente” (celui pique par le moustique !) qui devait me conduire au Kang Yatse ?!! Plutot marrant…

    Aujourd’hui decollage a 13 heures. Bise a tous et rendez-vous dans 8 jours !

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mardi 4 septembre 2007 2 04 /09 /2007 07:25

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